Quitter les eaux territoriales (2020-2021)

Texte écrit et performé par Yan Walther
Musique composée et interprétée à la guitare électrique par Christian Pralong

Etape de travail présentée lors du Festival de Slam de Crassier le 31 janvier 2020. Création et tournée prévues en 2021.

Tout auteur a parfois des phrases ou des expressions qui lui tombent dessus et s’imposent à lui, sans qu’il sache exactement pourquoi. Cela s’est passé pour moi avec « Quitter les eaux territoriales », expression qui me tourne dans la tête depuis plusieurs mois. La musicalité sèche de ses consonnes, l’évocation romantique du départ, du voyage, la métaphore de la sortie du monde connu, de l’espace rassurant du familier, pour prendre le risque d’aller découvrir du nouveau. Le voyage dans l’espace physique aussi, comme occasion ou allégorie d’un voyage intérieur.

Partant de là, cela m’intéressait d’explorer comment on pourrait, dans le monde d’aujourd’hui, avec la langue d’aujourd’hui, avec les images d’aujourd’hui, évoquer l’imaginaire du voyage. Que deviendraient des textes poétiques qui nous nourrissent tous, « L’odyssée » d’Homère, « L’invitation au voyage » de Baudelaire, « Le bateau ivre » de Rimbaud, les poèmes exotisants des romantiques européens, etc. dans le contexte de 2020, où voyager c’est aussi se poser la question de son empreinte carbone, des inégalités engendrées par la globalisation, de la destruction des écosystèmes, et de son propre rôle comme individu dans un monde qui semble être à l’aube de cataclysmes? Comment aussi redonner de l’importance à l’idée du voyage intérieur, du chemin spirituel, qui offre justement peut-être une voie pour répondre à ces questionnements ?

J’ai souhaité pour ce projet collaborer avec le compositeur et musicien Christian Pralong, un ami dont je connais et j’admire le travail depuis plusieurs années. Son univers musical correspond parfaitement à ces directions de recherche: la rencontre d’un univers néo-romantique rock, avec un langage musical très original et une utilisation des instruments extrêmement aiguisée et contemporaine, pour obtenir des sons tout à fait nouveaux.

Notre recherche prend ainsi une forme hybride entre performance théâtrale, concert rock-spoken word et monologue poétique.

(crédit photo: Félicie Milhit)